Les racines.

Les orchidées font parties des monocotylédones. Elles ne présentent jamais de racines pivotantes ni même de racines primaires (racines issues de la germination) comme on le retrouve chez les dicotylédones.
L’entièreté du système racinaire est composé de racines secondaire (c'est-à-dire toutes les racines issues de la racine primaire ou toutes racines adventives de la plante) qui surgissent des tiges.
La grosseur des racines varient beaucoup mais elles ne sont jamais aussi fine et fibreuse que celle des plantes dites « grasses » ou celles de n'importes quelles autres monocotylédones

Une des caractérisitiques importantes chez la plupart des racines des orchidées est la présence du velamen. Celui-ci se compose d'une couche externe de cellule morte (ou plutôt vidée de leur contenu cellulaire) et ayant la particularité d’avoir des parois cellulaires épaisses.(fig2.1)


fig2.1: prise de photo du velamen d'orchidée par miscroscope électronique.
A. Section à travers une racine de Vanda tricolor montrant la surface de la racine et le velamen.
B. Chez Dendrobium superbum
C. Chez Graphorkis lurida
D. Chez Clowesia russelliana

Dans les cas les plus simples, ce velamen est composé d’une seule couche de cellule équivalent à un épiderme.
Dans de nombreux cas, le velamen est composé de 2 à 18 couches de cellules.
Le velamen est un tissu habituellement spongieux, blanchâtre autour des racines. Entre le cortex (coeur) de la racine et le velamen, on trouve une couche spéciale de cellule, appelée exoderme, incluant des cellules longues, à paroi épaisses, privée de cytoplasmes et munies de cellules compagnes courtes et vivantes.
Il existe des controverses sur la fonction du velamen mais Capesius et Barthlott (1975-1976) ont démontré que les racines aériennes absorbent l’eau et les nutriments par ce velamen (excepté chez le genre Vanilla).
Ce velamen absorbe l’eau autour des racines est une adaptation de ces plantes à la vie épiphyte.
Went (1940) suggèrent que l’importance du velamen repose sur son habilité à prélever et retenir les premières eaux relativement riche en minéraux pour atteindre le coeur de la racine quand il pleut.
un nombre d’auteur ont découvert des algues possédant du également du velamen.
Les cellules du velamen contiennent des mycorhizes.
Le velamen est plus visible chez les plantes épiphytes et spécialement celle vivant et cultivée sur écorce et plaque mais il est également présent chez la plupart des terrestres, aussi bien que chez quelques Liliaceae et Araceae (Mulay et Desphpande, 1959 ; Mulay, Deshpande et William 1958).
Chez les épiphytes, l’extrémité en croissance des racines (l’apex) est communément verte quand elles sont exposées à la lumière et possèdent souvent des chloroplastes dans le cortex des racines matures ; bien que le velamen en masque cette couleur verte.
Chez quelques Vandeae, toute la photosynthèse est opérée uniquement par les racines, la tige est courte et portent un groupes de feuilles (écailles).
Dans le genre Taeniophyllum, appartenant à ces Vandeae aphylles, les vielles cellules du velamen montre un faciès étrange : beaucoup de cellules présentent des cavités larges et irrégulières ainqi que des plages de cellules dans lesquelles ils manquent des "ouvertures".


fig2.2: Surface du velamen chez Taeniophyllum

Chez beaucoup de terrestres, les racines forment des organes de stockage, ou des racines tubéreuses.
Chez quelques unes, tel que les Spiranthinae, la totalité des racines est très charnue. Dans d’autres cas, comme chez les Cleistes et quelques espèces de Tropidia, quelques racines ou partie de racines sont épaissies et les autres sont plus fines. Ces organes sont appelés des nodules tubéreux pour distinguer ceux-ci des racines épaissies sur toute leur longueur.
Chez quelques Goodyerinae, tel que Cheirostylis, le rhizome charnu ne porte pas de racines mais seulement des amas de pseudo-racines.
Chacune de ces crêtes a une anatomie identique aux racines avec un chevelu racinaire sur la plus vieille surface et ont une stele de racine, ou un cylindre vasculaire venant du système vasculaire du rhizome sur sa longueur.(fig 3.6)


fig2.3: A. habitude de croissance pour Cheirostylis philippinensis, montrant le chevelu racinaires sur le rhizome charnu.
B. une petite section du rhizome, montrant les tissus vasculaires and les chevelu présentant une anatomie de racine.

Une autre structure inhabituelle concerne le rhizome tubérisé de la tribu des Orchideae, Diseae et Diurideae (fig 2.4). Celle-ci est une racine de stockage mais une portion présente une gaine de structure racinaire autour du cœur de la tige et est muni d’un bourgeon terminal.
Cette structure survit pendant la période de repos. Pendant la saison de croissance, le bourgeon développe une nouvelle pousse, dont un des bourgeons axillaires forme une nouvelle racine tubéreuse qui peut, dans certains cas, croître plus profondément dans le sol par une extention de la base de la feuille.


fig2.4:Structure des racines tubérisées.
A et B. Section longitudinale à travers une racine tubérisées de Pecteilis
C. Section longitudinale à travers une racine tubérisées de Orchis morio montrant l'arrangement des différentes stèles vasculaires.
D. Section transversale d'une racines tuberisées chez Platanthera, montrant les différentes stèles
E-I. Différentes formes de tubercules et racines tubérisées. E. Stolons tubérisés (Platanthera)
F. Tubercules fusiformes (Platanthera)
G. Tubercules palmés (Gymnadenia)
H-I. tubercules sphériques
(A, B, d'après Kumazawa, 1956; C, d'après Stojanow, 1926; D-I, d'après Ogura, 1953)

La plupart des membres des Orchideae présentent une racine tubéreuse sphérique.
Pendant la période de croissance, la plante montre deux de ces structures; une vieille racine de la précédente saison de croissance et une nouvelle de la croissance actuelle qui survivra pendant la période de repos.
Ces structures ressemblent étrangement à un testicule de mammifères, ressemblance qui leur a valu leur dénomination d’Orchis (testicule en grecs anciens).
Ce nom est devenu le nom d’un genre d’orchidée européenne et également le nom de la famille.

pour les orchidées épiphytes, les cultivateurs parlent souvent de racines aériennes lesquelles ne demandent pas d’être contenue dans un pot ou dans un substrat quelconque.
Ce type de racine est reconnaissable et différente mais les revues d’anatomies sur les orchidées parlent peu de la structure de ce type de racine.
Les racines strictement aériennes sont généralement cylindriques, mais les racines qui rampent sur la surface du substrat sont plus souvent aplaties chez quelques Vandeae, tel que chez les genres Phalaenopsis et Dendrophylax chez lesquelles les racines sont fortement aplaties, soit rampante ou non.
Les racines épaisses de stockage ne sont pas limitées aux terrestres; chez des épiphytes et des lithophytes tel que Sobralia, Panera, Isochilus et quelques espèces d’Epidendrum peuvent avoir des racines très épaisses et charnues.
Les plantes de ces genres ont généralement des tiges et des feuilles fines et beaucoup de collectionneur ont appris, à leurs grands regrets que les plantes peuvent survivre sans leurs feuilles mais pas sans leurs racines.

Quelques genres présentent des racines aériennes encore bien différentes. Chez Ansellia, Cyrtopodium, Grammatophyllum et quelques autres genres, on remarque, en plus des racines normales, des racines non absorbantes qui se projettent vers le substrat (Barthlott ; 1976).
Ces racines permettent l’accumulation de débris vers les racines absorbantes.
Les racines produisent uniquement des racines mais les bourgeons adventifs donnent naissance à de nouvelles pousses, comme chez Listera, Pogonia, Psilochilus ou Phalaenopsis (Stoutamire ; 1974). De telles racines sont superficielles et ressemblent beaucoup à une mince racine tubéreuse mais elles sont complètement différentes au niveau de leur structure.

Sources

Robert L. Dressler, THE ORCHIDS, NATURAL HISTORY AND CLASSIFICATION, 1981, HArvard University Press. pp25-31.
© Bertrand Lerot

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